REFRENEZ VOS ENVIE D’AYERS

 

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Vous aussi, partez à la découverte de l'Ayers Rock,  ce lieu magnifique perdu, loin de tout, et de tout le monde...

BLABLA

Il y a deux semaines, j’ai parcouru des milliers de kilomètres pour voir un caillou. Un énorme caillou avec rien autour. Bon, dit comme ça, ça fait un peu con. Mais voilà, aller en Australie sans même être passé par l’Ayers Rock, c’est comme visiter la France sans te faire prendre en photo devant la Tour Eiffel. Tu passes pour une grosse buse, et tout le monde se fout de tes autres photos. Remarque, nous, au moins, en France, on s’est quand même démerdés pour foutre la Tour Eiffel dans un endroit un minimum civilisé. Pas en plein milieu du désert, quoi. Ces Australiens alors…

 

De toute façon, vaut toujours mieux bouger, t’apprends des choses. En fait, le nom du gros rocher, c’est Uluru, le nom que lui ont donné les Aborigènes depuis des siècles. Oui, mais voilà. Quand William Gosse, explorateur de son état, redécouvre en 1873 un endroit où des gens vivent depuis toujours, il ne pense pas à leur demander, à ces sauvages. Du coup, il rebaptise le lieu sacré l’Ayers Rock, du nom d’Henri Ayers. Qui n’est autre que son supérieur hiérarchique, le gouverneur de South Australia. Un sacré petit fayot, le William. Sale Gosse, va.

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.... partez à la trace des Aborigènes et de leur survie difficile sur une terre aride et sèche...

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C’est un peu comme si un jour un type arrivait vers le Mont Blanc en chameau – oui, Gosse était arrivé en chameau à Uluru. Il s’arrête, regarde le spectacle, trouve ça beau. Il voit les gens de Chamonix pas loin le mater hébété, mais il s’en fout. Il plante un panneau disant que désormais cette jolie montagne sera le Mont Ayers et se casse, laissant les habitants en plan. Et tant pis s’ils sont pas contents. La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui y a plus que les ringards qui appellent l’Ayers Rock l’Ayers Rock. Ou les amateurs de mauvais jeux de mots. Parce que bon, Uluru…

 

Bien entendu, changer le nom, c’était pas suffisant. C’est bien gentil, mais ça aide pas à boucler les fins de mois. Alors, on a commencé à amener des touristes, à Uluru, à partir des années 1940. Et tant pis si c’était un lieu sacré pour les Aborigènes. Tant pis si monter Uluru n’est permis dans leur croyance qu’aux jeunes hommes après leur maturité. Dépossédés de leur terre, les malheureux voient durant des années impuissants des Japonais, Chinois, Européens, sortir 5 minutes de leur bus pour tenter l’ascension, prendre une photo, et retourner dans le car, parce que bon y a la clim’.

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.... Où vous pourrez dormir en pleine communion avec la nature, comme nulle part Ayers....

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Heureusement, les années 80 arrivent. Devant le scandale international, le gouvernement australien commence à reconnaître la légitimité des revendications aborigènes sur plusieurs territoires. Notamment sur celui d’Uluru, qui est rétrocédée à la communauté Anangu le 26 octobre 1985. Un grand changement, la fin d’une ère, le début du renouveau, blablablabla. De manière pratique, facile de voir la différence. Avant, on laissait les touristes monter. Maintenant, on … les laisse monter, mais on leur dit bien avant que c'est vraiment pas cool.  Super efficace.

 

Pendant ce temps, les Aborigènes sont appelés « propriétaires traditionnels ». Propriétaires traditionnels ? Une jolie formule hypocrite pour montrer qu’ils sont propriétaires, mais pas trop. Et pour cause, on ne les voit qu’en photo. Même dans la boutique « 100% Aboriginal-owned », ce sont des caissières blanches qui travaillent. Idem pour tous les rangers du parc. Car en réalité Uluru n’a pas été redonné sans contrepartie. Une clause stipulait que les Anangu devaient pour le récupérer donner un bail d’exploitation de 99 ans à la National Parks and Wildlife Agency. Qui est donc en réalité toujours propriétaire.

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.... Goûtez aux mets des Anciens retrouvés par nos meilleurs chefs, dans les mêmes conditions où les prenaient, autrefois, les chasseurs solitaires perdus en plein bush...

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Pourquoi 99 ans ? On suppose que le gouvernement espère qu’à cette date, au rythme où ça va, la population aborigène se sera définitivement éteinte. Sachant que ceux qui ont représenté un jour 100% de la population du pays n’en sont plus qu’1% aujourd’hui, on est plutôt bien parti. Avec un peu de chance, le reste sera en prison, et la National Parks and Wildlife Agency pourra « reprendre » possession d’Uluru, dont elle n’a pour le moment jamais perdu le contrôle. On ne plaisante pas avec le trésor du pays.

 

Bref, pas étonnant qu’après des combines pareilles, les chiens du pays soient tous dingos.

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L'Ayers Rock Resort, pour vivre une expérience sauvage et unique, avec des photos qui impressionneront tous vos amis. Enfin ceux qui n'y sont pas allés...